Jusque-là, la sexualité des plantes dites « cryptogames », s’opère hors de la plante : par exemple, les spores contenues sous les frondes des fougères tombent sur le sol et si les conditions d'humidité sont présentes, ces spores se développent et la fécondation peut avoir lieu pour donner naissance à une nouvelle génération.
Chez les gymnospermes, qui apparaissent déjà à l'époque du carbonifère, les plantes inventent les fleurs et les graines. Ainsi, la sexualité s'opère sur les végétaux : les fleurs une fois fécondées se transforment en se durcissant, comme les pommes de pin ; les ovules ou graines se développent entre les écailles, à l'air libre sans protection.
À l’époque du jurassique, il y a 180 millions d'années, une période cataclysmique va provoquer la disparition des dinosaures, jusqu’au crétacé. C’est à cette période, il y a environ 65 millions d’années, que les « angiospermes » apparaissent. Ce sont les plantes que nous connaissons aujourd'hui et dont les graines (ovules) sont protégées dans les ovaires clos. Ces angiospermes sont divisées en deux classes :
- Les dicotylédones : les graines sont composées de 2 cotylédons qui engendrent deux feuilles basales au moment de la germination. Ces feuilles ont des nervures plusieurs fois ramifiées. Les fleurs sont constituées de pièces en multiples de 4 ou 5.
- Les monocotylédones : une seule feuille au moment de la germination. Les feuilles ont des nervures parallèles sans subdivision. Les fleurs sont construites sur des multiples de trois (trois sépales, trois pétales, 3 fois 2 étamines, le stigmate, partie femelle, est divisé en trois, les ovaires sont divisés en 3 ou 6 carpelles).
Les plantes les plus évoluées des monocotylédones sont de la famille des orchidées. Elles comportent un très grand nombre d'espèces, ce qui témoigne de leur grande capacité de reproduction et d'adaptation. Exemple : l'Ophrys apifera ou Ophrys bourdon a copié trait pour trait l'apparence de la femelle du bourdon. La fleur envoie dans l'air la même odeur que celle des phéromones de la femelle bourdon pour attirer le mâle qui viendra pour s'accoupler et pollinisera la fleur. Le comble de l'histoire, c'est que cette orchidée n'a pas besoin de cela car elle a la faculté de s'auto-polliniser. Chercherait-elle son « plaisir » ???
Les plantes les plus évoluées des dicotylédones sont de la famille des astéracées (pissenlits, chardons...) Ce sont, elles aussi, dans leur genre, des bêtes de sexe : sur un seul capitule floral, on peut compter plus d'une centaine de fleurs qui viendront à graine. De plus, elles ont imaginé des procédés de dissémination comme les parachutes, les crochets qui, grâce au vent ou aux poils des animaux ou à nos chaussettes, leur permettent de voyager et de coloniser des espaces de plus en plus vastes.