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Présentation du Jardin Conservatoire

Le Jardin Botanique de Marnay sur Seine se situe au cœur de la « Bassée ». Cette portion de la vallée de la Seine s’étend sur 80 kms de long entre Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) et Méry sur Seine (Aube). Elle forme une vaste plaine inondable qui, au moment de la crue et de l’étiage, est plus vite et plus longtemps inondée que le reste de la vallée. Ce phénomène est, d’ailleurs, à l’origine de son nom.
L’inondation hivernale prolongée favorise la présence de milieux très riches, aussi bien au niveau faunistique que floristique.

Le jardin, de par sa situation géographique et ses compétences, est gestionnaire d’un de ces sites classés Natura 2000. On peut y observer quelques milieux naturels caractéristiques de la Bassée.
De plus, l’une de nos missions est l’éducation et la sensibilisation du grand public à la protection de l’environnement. L’idée de la création du Jardin Conservatoire est donc née en 2002 afin de développer la pédagogie sur ces thèmes et de présenter en quelque sorte un dictionnaire vivant des milieux et de la flore présente dans la vallée de la Bassée.

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C’est le caractère inondable du jardin, et le fait qu’il soit soumis au rythme des crues de la vallée, qui ont permis l’élaboration de ce thème. Le jardin a été créé, en partie, sur d’anciennes prairies, et comporte le bassin de récupération des eaux pluviales du village, qui se déverse dans une noue (creusée par l’homme), qui elle-même se jette dans la Seine en aval.

La création d’un tel jardin s’est limitée à la définition des contours des différents milieux tout en prenant en compte leur aspect « sauvage ». La situation géographique du jardin et le fait qu’il soit situé sur d’anciennes prairies facilite l’apparition de plantes caractéristiques de chaque habitat. Ils ont tous nécessité, néanmoins, l’implantation de plantes caractéristiques et notamment, pour certains, de plantes protégées au niveau national ou régional.

Des chemins praticables permettent de circuler dans la zone et ainsi d’observer de près l’ensemble des milieux naturels.

Toutes les plantes protégées sont étiquetées.

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COMPOSITION DU JARDIN CONSERVATOIRE

La forêt alluviale

C’est un milieu naturel de plus en plus rare qui se rencontre en bordure des grands fleuves. C’est une forêt d’aspect dense constituée essentiellemnt de Saules et de l’Orme lisse (Ulmus laevis). On y observe aussi une espèce protégée au niveau national : la Vigne sauvage (Vitis vinifera ssp. sylvestris). La raréfaction de ce milieu est en partie due à sa destruction massive pour la plantation de Peupliers.

Le taillis tourbeux à fougère des marais

C’est un milieu naturel très menacé comme tous les milieux tourbeux. Il a l’aspect d’un taillis très dense presque impénétrable. La strate arborescente est constituée de l’Aulne glutineux (Alnus glutinosa) et de Saules et le taillis est formé par de nombreux arbustes. On observe aussi de nombreuses fougères et notamment la Fougère des marais (Thelypteris palustris) qui est protégée au niveau régional et dont l’installation au jardin est en prévision.

La prairie inondable de fauche

C’est le milieu naturel le plus représenté dans la Bassée et sûrement l’un des plus riches. Il est d’ailleurs spontané dans cette partie du jardin ce qui favorise l’apparition de plantes caractéristiques comme l’Euphorbe des marais (Euphorbia palustris) et de nombreux Carex. Il est lui aussi menacé par la plantation de Peupliers. On peut y observer de nombreuses plantes remarquables et notamment protégées au niveau national comme la Violette élevée (Viola elatior) et la Gratiole officinale (Gratiola officinalis), ou régional comme l’ail anguleux (Allium angulosum), la Germandrée des marais (Teucrium scordium) et l’Inule des fleuves (Inula britanica). La Sanguisorbe officinale (Sanguisorba officinalis) n’est pas protégée dans l’Aube mais en Ile-de-France.
Cette zone doit être fauchée une fois par an. La fauche s’effectue en août afin de permettre aux plantes et aux animaux associés de se reproduire. Les résidus de fauche sont ensuite exportés hors de la prairie pour ne pas enrichir le milieu.

La noue

Elle est alimentée par le bassin collecteur des eaux pluviales du village. Elle traverse le Jardin de part en part et longe le Jardin Conservatoire. Elle est, de plus, en communication directe avec la Seine.
On y observe de nombreuses plantes spontanées comme la Glycérie flottante (Glyceria fluitans), la Renoncule à feuilles capillaires (Ranunculus tricophyllus), la Massette à larges feuilles (Typha latifolia), le Rubanier rameux (Sparganium erectum), l’Iris jaune (Iris pseudacorus), le Populage des marais (Caltha palustris), diverses espèces de Joncs (Juncus sp.), de Laîches (Carex sp.), de Callitriches (Callitriche sp.), et de Lentilles d’eau (Lemna sp.)

La lisière de boisement

Un boisement spontané borde le Jardin.Il est composé, essentiellement, du Saule marsault (Salix caprea), du Chêne pédonculé (Quercus robur), de l’Aubépine à un style (Crataegus monogyna) et de la Viorne obier (Viburnum opulus). En lisière, on observe, entre autres, l’Orme champêtre (Ulmus minor) et le Camérisier (Lonicera xylosteum).

La friche

C’est une zone prairiale qui ne subit pas la fauche annuelle. Cette absence de gestion permet progressivement l’apparition d’arbustes puis d’arbres qui constituront à leur tour un boisement tel que celui décrit précédemment.

Le bord de chemin

Ce milieu est constitué de plantes que l’on retrouve communément au bord des chemins mais aussi sur les talus et les accotements routiers. On peut y observer notamment, l’Epiaire d’Allemagne (Stachys germanica) qui n’est pas protégée dans la région mais qui est de moins en moins fréquente.

Le champ cultivé

Cette zone représente les champs de Céréales comme on pouvait les voir avant que les produits phytosanitaires ne soient utilisés en masse. On y rencontre des plantes annuelles adaptées aux cultures, de plus en plus rares, comme l’Adonis d’été (Adonis aestivalis), la Nielle des blés (Agrostema gitago), la Centaurée bleuet (Centaurea cyanus) et le Grand coquelicot (Papaver rhoeas) qui s’est retranché de nos jours dans les terrains vagues et les bords de voies de communication.
D’autres plantes moins remarquables, mais tout aussi intéressantes, pourront y être observées.

Les abords d’anciennes habitations

Ces zones sont souvent colonisées par des plantes qui tolèrent ou qui affectionnent une teneur en azote élevée dans le sol. Leur présence est souvent liée à celle de l’homme. On y observe, entre autres, le Sureau noir (Sambucus nigra), la Chélidoine (Chelidonium majus) et la grande ortie (Urtica dioica).


CONCLUSION

Certains milieux ne sont pas encore finalisés à cause du manque de moyens financiers et humains. Nous sommes en pour-parler avec le Conseil Régional de Champagne Ardenne et le Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien pour la délégation de compétences concernant à la fois la conservation de matériels inertes et des activités pédagogiques dont ce jardin serait l’outil principal.

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